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J-4
Je suis arrive avant que tout explose. Je me baladais dans la ville sainte de Luang Prabang (3eme ville du Laos). Tout etait calme, rien ne laissait presager ce qu'il allait se passer. Le temps etait au beau fixe, les moines effectuaient leur priere en polyphonie et le mekong etait d'une quietude impressionnante.
J-1
Alex le frenchy de Malaisie et son ami Guillaume arriverent la veille de l'incident. On commencait seulement a sentir une agitation troublante. Des jeeps patrouillaient dans les rues et les charmants habitants qui auparavant etaient accueillant et souriant, portaient sur les visages des signes de crispation.
Jour J
Ce matin la, je me suis reveille a l'aube. Des tirs de mitrallettes m'avaient sorties de mes songes. Je ne compris pas tout de suite ce qui se passait. Je pris mon petit dejeune normalement et parti au rendez vous pour rejoindre mes amis. En chemin, j'apercu quelques escuades de differentes couleurs passees dans les contre-allees de la rue principale. Pour moi, la situation me paraissait bizarre mais a aucun moment j'avais mesure l'ampleur de ce qui se deroulait. Je vis Alex au loin qui s'epoumonait en criant "Depeches toi Greg, Depeches toi ! " A mi chemin entre nous marchait un enfant d'une dizaine d'annees. Je vis tomber par une des fenetres un objet non identifie juste a cote de lui. Apres avoir touche le sol et fait 2 rebonds, un bruit monstrueux sonna aux confins de mes oreilles et une lumiere jaunatre eblouillissante jaillit. Je me suis senti propulser en arriere et des fragments encore non analyses me brulerent la peau. J'etais sonne, j'essayais d'observer la situation mais mes yeux ne voyaient guere et mes oreilles bourdonnerent encore. Au bout de quelques instant je me relevis et retrouvis mes sens. Je me scrutais:
"Jambes operationnelles
Bras indem
Reste du cops OK"
Par endroit mes affaires etaient dechirees et d'autres mouchetees de taches rouge et de morceaux. J'enlevais dans la precipitation des lambeaux de chair collees parcimonie sur le visage. Je me suis mis a courrir pour rejoindre Alex et Guillaume. J'enjamba le corps demembre du petit garcon. "Oh mon dieu, quel horreur!" pensais-je. Il etait disloque, dechiquete, defigure......
Mes compagnons etaient sain et sauf quoi qu'un peu sonnes. Nous nous refugiames dans les bureaux de la poste locale. Personne ne parlait, la tension et la terreur se lisait dans les yeux de chacun d'entre nous. Nous entendimes "Laos! Laos!" - usuelement c'est l'eau de vie locale, mais la, cela sonnait autrement - On regarda par la fenetre. Une vingtaine de personnes dont des enfants armes jusqu'au dents s'approcherent du batiment. Nous fuimes par la porte arriere et partimes vers le mekong. Les rues de Luang Prabang etaient meconnaisables, elles n'etaient plus couvertes de goudron mais de sang et de macchabes . "Putain! c'est quoi ce bordel? Qu'est ce qui se passe?" m'interrogeais- je. L'incomprehension regnait. Nous avancions par precaution observant les differentes unitees armees. Des hommes cagoulees en moto, des jeeps, et quelques tanks partrouillaient et se battaient entre eux. Soudain, remontant la rue, criante de toutes ces trippes, une brune a la figure grimee se fit fusiller dans le dos. Aucune pitie n'etait de mise. Il ne nous restait qu'une chose a faire, ramasser les AK47 qui jonchaient le sol. Mon premier et dernier tir que j'ai effectue me donne encore des cauchemars. Une jeune femmes d'a peine 20 ans surgit face a nous. Nous etions fait comme des rats. Mais lorsqu'elle tira, son arme s'enraya. J'eus a peine le temps de viser avant d'appuyer sur la gachette. Une rafale partie. Juste une balle atteingnie ma victime au niveau de la gorge. Le sang gicla comme un jeyser. La demoiselle s'ecroula sous l'effet de l'impact et mourra peu apres. "Je viens de tuer une femme, oui une femme, oh mon dieu une femme......." Je suis reste en etat de choc. "Alle Greg, faut continuer, tu as fait le bon choix. C'etait elle ou nous." Alex me pris le bras afin de poursuivre notre progression vers le mekong. Guillaume nous denicha une pirogue. "Ca y est, nous fuyons ce carnage en bonne sante" me disais-je. Nous debarquions aux abords de l'ile d'en face. Tout semblait paisible sauf que nous entendions des bruits d'explosion au loin. "Ca doit etre a Luang Prabang" signala Alex. Nous avancions difficilement dans cette jungle humide et chaude. Apres 10 minutes de marche, des obus commerent a pleuvoir sur nous.
"Oh merde, meme ici.... Grouillons nous les gars" criais je entre les bruits des explosions
"La-bas, je crois voir des tranchees" signala Alex.
Aussitot nous nous sommes mis a courrir a travers une pluie de bombes. Guillaume arriva le premier. On entendit des coups de feu. "Vite, il faut sauver le soldat Guillaume" me dit Alex. Sur place, nous constations qu'un Lao agonisait et que notre compagnon avec son arme encore fumante etait touche au bras gauche. J'examinais sa blessure "Ca va, ne t'inquietes pas, la balle t'a juste effleure". On confectionna un bandage a base de feuilles traissees entre elles. J'observis l'endroit ou nous etions. C'etait bien une tranche d'une profondeur d' 1m50. Il y avait des dizaines de cadavres, des armes, et des munitions. Pendant ce temps, Alex qui est le seul de nous 3 a parler Lao, interrogea l'homme qui allait bientot trepasser.
- Alors? dis je
- Le mec est mort.
- Il t'a dis quelque chose?
- Oui que nous sommes dans le bastion de la milice et que l'armee reguliere les avait tous massacres.
- C'est vraiment la merde ici.
- Comme tu le dis. De plus le moines qui etaient de leur cote sont soit emprisonnes, soit tues.
- Il ne faut pas rester ici, c'est vraiment trop dangereux.
- Oui, je pense que nous devrions faire demi tou et fuir la ville le plus vite possible.
- Guillaume! Ca va le faire pour toi?
- Ne vous faites pas de soucis, je suis pres a souffrir pour ne pas mourir.
Le soir tomba, le bombardement s'etait calme. Nous repartimes a la pirogue et descendimes le mekong pendant des heures pour fuir. Juste quelques mots furent echanges. Les images de cette journee nous poursuivaient comme un fantome. Cette nuit la, personne pu dormir.
To be Continued....
ps: Ceci est une histoire, ne vous inquietez pas.